INTRODUCTION
"
Adolescence " vient du latin "adolescence ", c’est à dire "grandir
vers " (ad = vers ; olescere croître, grandir)
L’adolescence est ainsi une période de transition entre
l’enfance et l’âge adulte, en fait le dernier stade
de l’enfance et le premier de l’âge adulte.
Mais, quand l’enfance se termine t-elle exactement ? Et quand
commence l’âge adulte ?
Ces imprécisions rendent difficile la définition exacte
de l’adolescence car ses limites peuvent être différentes
selon les dimensions biologiques, psychologique, et sociale du développement.
Le concept même a beaucoup évolué selon l’histoire.
Aujourd’hui cependant, on considère comme adolescents
les jeunes de 12 à 18 – 2O ans, même si l’école
contribue à maintenir dans cette étape de développement
des jeunes plus âgés. Disons donc que l’adolescence
est une période de mutation de transformation qui va faire passer
l’individu de l’enfant à l’adulte, homme ou
femme, avec des caractéristiques bien
définies. C’est un temps du devenir, de la construction
de soi. L’adolescent n’est plus un enfant parce que son
corps et ses capacités intellectuelles changent, il n’accepte
plus d’être mis sous tutelle, et même si sa morphologie
le rapproche de l’adulte, il ne l’est pas encore, parce
qu’il lui manque le discernement et l’expérience
de la vie, il dépend toujours de sa famille. Lui-même
doit s’adapter aux transformations qu’il subit et réussir
aux conditions dictées par la société pour parvenir
au statut d’homme ou de femme.
I/ La croissance physique à l’adolescence et impact psychologique.
La période de l’adolescence débute avec la puberté qui
marque la maturité
sexuelle.
Celle-ci se manifeste par la modification des caractéristiques
sexuelles primaires et secondaires qui entraîne la nette distinction
de l’apparence en fonction du sexe.
Le début et le rythme de la puberté ne sont pas les mêmes
pour les filles et les garçons et à l’intérieur
de chaque groupe, ils varient en fonction de nombreux paramètres
(hérédité – taille – nourriture – milieu
socio – culturel – expérience sportive etc.)
On note cependant une explosion de croissance qui produit une véritable
métamorphose du corps (taille, poids, capacité musculaire,
capacité pulmonaire, volume sanguin).
La maturation du système nerveux en déclenchant le fonctionnement
du système endocrinien provoque l’apparition des caractères
sexuels secondaires.
Tous ces changements sont vécus plus ou moins positivement par
les adolescents en fonction de leur milieu. En effet, les réactions
de la famille, des camarades, des autres membres de la société face
aux transformations subies par l’adolescent influencent sa manière
de se voir, de s’accepter, de se valoriser.
En effet, sur le plan psychologique, le corps est le premier point
de repère de l’enfant, le premier univers connu. Ses premières
représentations et activités mentales se construisent à partir
de l’exploration du corps et des effets de ses activités
dans l’environnement physique et social. Les changements du corps à l’adolescence
vont remettre en question la référence de base qu’est
le corps. Le jeune doit redécouvrir son corps car son corps
et l'identité personnelle sont socialement indissociables. Or
la transformation s’est faite sans qu’interviennent sa
volonté et pas toujours conforme à l’idéal
visé. L’adolescent doit alors accepter sa nouvelle image.
Un autre élément important du vécu psychologie,
c’est l’effet du rythme de maturation : la maturité précoce
n’a pas le même impact que la maturité tardive.
Selon les milieux, la première peut comporter des avantages
pour le garçon (statut social plus élevé auprès
des pairs, impact hétérosexuel plus grand, succès
athlétique plus faciles…) et la seconde, ternir son image,
inhiber ses comportements d’interaction sociale, susciter des
sentiments de rejet et d’impuissance.
Chez les filles, la précocité est mal jugée et
pousse à se cacher, tandis que le retard appelle la pitié,
dans les deux cas un sentiment de malaise et d’insécurité.
Notons encore que les transformations physiques et physiologiques peuvent
entraîner une plus grande fatigue, réduire la concentration,
tous phénomènes qui peuvent perturber la production (résultats
scolaires) chez les élèves du premier cycle.
Comme c’est l’image sociale du corps qui est à l’origine
des effets psychologiques positifs ou négatifs, la famille (parents)
et l’école (les enseignants) peuvent les contrôler
par une attitude positive et valorisante.
II – Le développement de l’intelligence à l’adolescence
et son impact.
En même temps que les transformations physiologiques, l’ensemble
des activités mentales connaissent une restructuration importante
: de nouveau outils de pensée vont se développer et exercer
leur activité sur des contenus jusqu’ici inaccessibles
(notions de proportions, de probabilités, de corrélations…).
Le jeune peut réfléchir dorénavant sue la justice
sociale, la qualité morale de la conduite d’autrui l’image
que les autres ont de lui.
L’adolescence découvre les facettes complexes des relations
interpersonnelles.
Sa propre théorie explicative du comportement d’autrui évolue
en même temps qu’il apprend à se connaître
lui-même. Il peut réfléchir sur des concepts, penser à des
pensées. L’activité mentale connaît des transformations
profondes car la pensée devient adulte : c’est ce qu’on
appelle une pensée formelle. Capable de considérer plusieurs
facteurs à la fois pour comprendre des situations complexes, élaborer
des projets sans être lié au concert, effectuer des analyses
et déductions impossibles à l’enfant (comprendre
et critiquer les positions des adultes par exemple).
L’adolescence s’accompagne donc d’une réorganisation
de l’appareil conceptuel.
L’innovation importante étant la capacité de passer
du réel au possible, c’est à dire sortir du concret
pour accéder à l’abstrait, à l’hypothèse, à la
déduction.
Le raisonnement formel organise l’action de faon hypothético-déductive
(à partir de la formulation préalable d’hypothèse,
conception d’un plan d’expérience, expérimentation-déduction
d’une conclusion à partir des résultats obtenus)
tandis que le raisonnement concret de la période antérieure
(7 –12 ans) fonctionne de proche en proche, d’une situation
concrète à l’autre.
Le raisonnement formel permet de dégager des principes de l’observation
du réel, de dépasser la situation concrète et
de tirer des lois généralisables, c’est à dire
s’appliquant à tous les cas possibles.
La pensée formelle possède une série de caractéristiques
axées vers une maîtrise plus grande de la capacité de
s’adapter : elle est :
- Hypothético – déductive (hypothèse – vérification – déduction
de conclusions appropriées)
•
Indépendante du contenu sur lequel elle porte puisqu’elle
peut fonctionner à un degré abstrait.
•
Combinatoire parce qu’elle permet d’accéder à tous
les cas possibles d’une situation.
Elle permet de résoudre des problèmes multidimensionnels
en intégrant plusieurs
variables à la fois et d’effectuer des opérations
au second degré. La pensée formelle
continue à se développer à l’âge adulte.
Il ne faut cependant pas croire que la fonction cognitive donne à tous
les hommes la même capacité de résoudre des problèmes,
c’est à dire même rendement. Le style cognitif est
une source de différence interindividuelle, ce qui signifie
qu’à QI égal, deux personnes peuvent affiche un
style cognitif différent : leur approche des problèmes,
leur façon de choisir une stratégie ou de sélectionner
l’information peuvent être différentes de façon
constante.
Le style cognitif influence de façon significative les relations
que l’adolescent établit avec son entourage physique et
social par les mêmes conditions psychologiques qu’il y
détermine.
Entreprenant les deux pôles extrêmes, d’une dimension
cognitive, nous pouvons mieux comprendre la situation.
* Style Réflexivité – impulsivité
Les sujets impulsifs ont tendance à réagir promptement
sans examiner toutes
les données de la situation. En classe, leur rendement est généralement
inférieur à ce qu’il pourrait être si leurs
capacités étaient mieux exploitées.
•
L’adolescent impulsif
•
Succombe facilement à son empressement dans une situation où il
faut avoir toutes
les informations pertinentes en main avant d’envisager une solution.
•
Se laisse rapidement séduire par l’attrait du succès,
et se laisse aller au découragement dans l’échec.
• Aime le risque, les situations nouvelles, les grands groupes.
•
L’adolescent réfléchi
•
Examine toutes les possibilités avant de décider
•
Prend du temps pour répondre car apprécie la reflexion
•
S’efforce d’éviter l’échec qu’il
redoute
•
Est posé, réservé et plutôt incommodé par
l’imprévu
•
Axe : contrôle interne – contrôle externe de renforcement
La notion de contrôle porte sur l’interprétation
par des renforcements qu’il reçoit, c’est à dire
sur la perception d’une relation causale entre le comportement
et les récompenses punitions qui s’en suivent.
•
Si la personne croit que ce qui lui arrive dans la vie dépend
des efforts qu’elle fait ou de son comportement, elle adhère à un
style de contrôle interne.
•
Si elle croit que les récompenses ou punitions qui surviennent
dans sa vie sont causée par des facteurs autres que le comportement
personnel (ex : la chance, la destinée, la superstition …)
elle a un type de contrôle externe. Le style cognitif d’attribution
de ce qui arrive influencera l’ensemble des projets personnels,
des efforts pour réussir et même des stratégies
employées pour atteindre les buts fixés.
•
Style : dépendance – indépendance perceptuelle
•
*La personne qui est dépendante du champ organise son espace
perceptuel à partir d’indices apparents plutôt qu’à partir
de bases intérieures à elle – même. Elle
subit ainsi l’influence des apparences du contexte immédiat
où elle évolue.
•
Le style indépendant résiste aux indices environnementaux
et organise son espace selon des indices intérieurs à lui-même.
Le style cognitif intervient donc pour influencer l’ensemble
des adaptations que l’adolescent doit réaliser autant
dans le domaine scolaire et interpersonnel que face aux défis
personnels qu’il se pose, aux décisions qu’il prend,
aux types de relations qu’il entretient avec son milieu. Chaque
adolescent est unique dans son fonctionnement cognitif.
III. Le développement social à l’adolescence
La socialisation (processus d’acquisition des comportements,
attitudes et valeurs nécessaires à l’adaptation
sociale de l’individu) se poursuit pendant l’adolescence.
La société attend que l’adolescent assume un rôle
social masculin ou féminin. Celui – ci n’a plus
le choix, il doit faire face à une nécessité.
Les attentes sociales sont sous – tendues par les notions de
responsabilités, de devoir, d’autonomie. La société réclame
des progrès tout en résistant aux conquêtes des
jeunes. Sa structuration ne leur facilite pas la tâche. Le comportement
de ses adultes qui devraient être des modèles laisse à désirer.
Grâce à sa nouvelle capacité d’analyse, l’adolescent
découvre que les règles sociales sont souvent bafouées
par les adultes eux-mêmes, il réévalue plusieurs
notions morales. En constatant qu’il n’est pas toujours
avantageux de se conformer aux règles, il remet en question
ses adhésions aux divers codes qui lui ont été inculqués.
Il découvre l’écart entre la réalité sociale
et les valeurs qu’on lui a présenté depuis l’enfance,
il est déçu et ses déceptions provoquent un rejet
plus ou moins radical du monde adulte et de son caractère artificiel.
Il se réfugie auprès de ses pairs et cherche de nouveaux
héros.
Cette révolte plus ou moins ouverte et agressive peut s’estomper
si le milieu le comprend ou s’il trouve dans ses groupes d’appartenance
les satisfactions qui le réconcilient avec la société.
Il apprendra alors à se battre avec calme, constance et souplesse
pour conquérir son autonomie et le statut d’adulte.
IV – Le développement affectif à l’adolescence
Tout comme l’enfant et d’adulte, l’adolescent à besoin
d’être aimé et se sentir en
sécurité. C’est d’abord aux parents de combler
ces besoins affectifs en lui apportant un amour inconditionnel, une
autorité ferme et une bonne gouverne. Pour cela les parents
eux-mêmes doivent bâtir un foyer heureux où règne
l’amour. Ils doivent être disponibles et permettre à l’adolescent
de grandir. En effet, l’adolescent doit se défaire de
ses premiers objets d’amour que sont les parents pour pouvoir
s’attacher plus tard, dans le mariage à un contemporain
(hétéro sexualité). Il doit apprendre à assumer
des responsabilités dans les divers domaines de la vie et accepter
d’assumer les conséquences de ses actes. Les autres adultes,
particulièrement les professeurs peuvent l’aider en valorisant
ses aspects positifs, en ayant des comportements justes, en reconnaissant
leurs erreurs pour lui permettre de se remettre en question.
L’adolescent a souvent un comportement ambivalent qui montre
son instabilité et sa quête d’aide ; mais il veut
la discrétion. Il appartient aux adultes de lui offrir les possibilités
de s’épanouir en lui permettant de nouer un dialogue constructif
ce qui va le dissuader de se laisser aller par son imagination ou de
chercher à se faire remarque par un comportement anti social.
CONCLUSION
L’adolescent est une période un peu difficile du fait
que l’adolescent cherche à se libérer de la tutelle
adulte ; mais si l’enfant s’est senti accepté et
aimé par lui-même et si
l’adolescent sent que chacun est disposé à l’aider,
cette période se passera sans crise intempestive. Même
sa relation avec Dieu ne sera pas remise en question. Mais si l’adolescent
se sait non aimer, même Dieu sera rejeté, à fortiori
parents et enseignants.

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